Sante

Diminuer la consommation de médicaments : La révolution du « slow médoc »

1 commentaire 14 mai 2013

Le temps où l’on pensait que les médicaments pouvaient tout guérir est révolu.

L’explosion de sites internet dédiés aux médecines parallèles montre bien que les français ont pris la mesure des scandales sanitaires. L’affaire du médiator et maintenant des pilules de 3ièmes générations inquiète les français qui se méfient de plus en plus de médicaments qui leurs sont rescrits.

Cette réalité est aussi valable dans les maisons de retraite, avec des projets de soins qui tendent à limiter le nombre de médicaments pris par les personnes âgées au strict minimum.

De nombreux établissements, souvent spécialisés dans la maladie d’Alzheimer, limitent la prise de médicaments des personnes âgées grâce au regard, à la parole, au toucher et au sport, …

Comment mieux vieillir sans médicaments ?

Plusieurs méthodes peuvent aider à diminuer la prise de médicament chez les personnes âgées.

L’HUMANITUDE

La première d’entre-elles est l’Humanitude qui permet de soulager des comportements d’agitation pathologiques.
Elle consiste à accompagner les personnes âgées dans la tendresse et le respect de l’autonomie, debout, jusqu’à la fin. Cela passe par de petits gestes d’attention : Dire bonjour, faire un bisou, caresser la main ou le bras, parler bien en face, le matin attendre que les gens se réveillent…

Des gestes, qui relèvent de la pure bienveillance, et qui peuvent sembler naturels, mais qui ne le sont pas toujours.

En s’adaptant au patient et à ses habitudes de vie que l’on remarque une diminution considérable des troubles du comportement, avec un impact sur la consommation de médicaments. Une étude réalisée entre 2005 et 2008 montre que la formation des soignants a entraîné une diminution de la consommation de neuroleptiques de 88,5 %, (Les Cahiers de l’année gérontologique – septembre 2010-).

Pour l’heure, on compte plus de 600 établissements en France formés à cette méthodologie de soins – sur environ 10 000 résidences pour personnes âgées en France et 40 sites pilotes.

Dans les établissements pilotes cette approche est également transmise aux familles ou aux aidants, dont le soutien est essentiel.

Il est aussi constaté des répercussions chez les soignants, avec une baisse de 50 % du turnover et de l’absentéisme.

LE DÉVELOPPEMENT D’ APPROCHES NON MÉDICAMENTEUSES

Dans ce contexte, les approches non médicamenteuses se développent : jardins thérapeutiques, art-thérapie, musicothérapie, zoothérapie, espaces Snoezelen, sans parler des aides psychologiques, de l’orthophonie, qui agissent sur le maintien des capacités cognitives. Ces méthodes semblent ralentir l’évolution des pathologies ou calmer les troubles.

Comme dans la méthode de l’Humanitude, les soignants doivent dépasser leur culture soignante, centrée sur les soins techniques médicaux et de nursing [toilette, aide au repas…] qui sont nécessaires, mais qui ne doivent pas supplanter les autres choses qui peuvent embellir le quotidien.

Pour autant, ces expériences sont loin d’être généralisées et ont parfois du mal à tenir sur la durée. Deux raisons à cela : D’une part le médecin n’a pas le temps d’expliquer pourquoi il va arrêter le médicament et le patient lui-même en est souvent demandeur. D’autre part la mise en place de ce type d’approche se heurte souvent à des problèmes de manque de personnel.

 Médicaments

Bien ces méthodes alternatives existent et qu’elles permettent de diminuer la prise de médicaments « les personnes âgées en France consommeraient deux fois plus de médicaments que leurs voisins scandinaves à état de santé équivalent », selon le professeur Olivier Saint-Jean, chef du service de gériatrie de l’Hôpital européen Georges-Pompidou.

L’amélioration de l’usage de médicaments et la surveillance de la iatrogénie médicamenteuse (effets indésirables) sont donc deux points importants qui ont étaient inscrits dans le plan Alzheimer.

LA PRÉVENTION DES RISQUES IATROGÈNES

Les études montrant les effets délétères des médicaments sur les sujets âgés sont nombreuses. Le service rendu des médicaments anti-Alzheimer a été jugé modeste par la commission de transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) en octobre 2011, et la revue Prescrire a plusieurs fois pointé leurs effets indésirables.

« Sortir d’une prise en charge essentiellement centrée sur le médicament et de l’influence symbolique qu’il exerce constitue un enjeu de santé publique », indiquait la HAS dans un rapport sur les approches non médicamenteuses publié en 2011.

« A chaque consultation, il est nécessaire de se demander quels sont les médicaments indispensables et lesquels n’ont pas ou plus lieu d’être », constate le docteur Dan Kogel, chef de clinique à l’hôpital Rothschild à Paris.

Source : Le Monde –Science et techno – 26 février 2013

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1 commentaire

  1. cecile dit :

    Bonjour, ma fille travaille actuellement en ehpad depuis un mois, elle a été surprise a embrasser une residente et a été recadrée par la cadre, interdiction d’embrasser les residents sous peine d’etre renvoyée. Je suis aide-soignante dans moi-meme dans un ehpad et je ne comprend pas la reaction de la cadre. J’ai moi-meme fais la formation « Humanitude », avec cette cadre…. Ma fille a du,le lendemain, dire à cette residente qu’a partir de maintenant, elle ne pourrait plus l’embrasser, elle en était malade !!!
    C’est mon coup de gueule, cela me fait du bien d’en parler….


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