Sante

La dénutrition chez la personne âgée

1 commentaire 01 avril 2015

Plus d’un tiers de personnes vivants en maison de retraite seraient dénutries (30 à 50 % exactement).
Le risque de dénutrition touche toutes les personnes âgées quel que soit leur milieu social ou encore leur sexe. 10 % des personnes de plus de 80 ans vivant chez elles sont touchées.

Qu’est-ce que la dénutrition ?

Il s’agit d’un déséquilibre entre les apports et les besoins. Ce déséquilibre peut être dû à une baisse des apports si la personne mange moins mais il peut aussi être lié à une hausse des besoins en cas de maladie. La personne âgée cumule souvent ces deux situations, le but est alors de rééquilibrer cette balance en adaptant l’alimentation à la personne atteinte de dénutrition.

Pourquoi certaines personnes âgées perdent l’appétit ?

La baisse de moral est un facteur important. Les personnes âgées se voient perdre leur autonomie, elles sont parfois plus isolées. Tout cela concourt à leur faire perdre l’appétit.
De plus, certaines personnes âgées pensent qu’elles ont moins besoin de manger du fait de leur âge alors que c’est tout le contraire : Plus la personne vieillit, plus ses besoins sont importants !

Quel rôle jouent les facteurs physiques dans la dénutrition ?

Les troubles de la déglutition et les troubles bucco-dentaires sont des facteurs de risque.
Si la personne n’arrive pas bien à avaler ou si elle a mal aux dents cela peut décourager au moment des repas.

Comment dépister un risque de dénutrition chez une personne âgée ?

Le premier symptôme, est la perte de poids. Si elle n’est pas volontaire, elle doit être prise en compte. Il est nécessaire qu’une personne âgée soit pesée une fois par mois. Si cela est impossible pour des raisons de mobilité par exemple, on peut simplement constater la perte de poids par les vêtements : un cran de plus à la ceinture et c’est l’alerte.

Que faire alors ?

Il faut prévenir le médecin traitant, c’est lui que évaluera la situation. Il pourra notamment faire passer à son patient un test de dépistage très simple composé de 10 questions. Le médecin va mesurer la circonférence des bras et des mollets et il prescrira éventuellement un bilan sanguin où sera mesuré le taux d’albumine. En dessous de 35g/litre, il y a risque de dénutrition. On sait alors que l’organisme va se mettre à puiser dans ses réserves.

Si la dénutrition est avérée, quelles sont les solutions ?

C’est du cas par cas. La première chose à faire c’est de mettre en place des aides à domicile au moment des repas. Ces aides pourront être financées par l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie). Ce dispositif de solidarité, proposé par le Conseil général, permettra à la personne âgée de bénéficier d’une aide à domicile pour faire ses courses ou pour être assistée durant ses repas, le but étant de la stimuler au moment de manger et de l’aider dans ses nouvelles habitudes alimentaires.

Si la situation de la personne âgée est plus préoccupante, le médecin pourra alors prescrire une hospitalisation. Tous les professionnels seront alors présents pour réaliser un bilan complet du patient. Un orthophoniste constatera d’éventuels problèmes de déglutition, un dentiste examinera le patient pour vérifier l’existence de troubles bucco-dentaires, etc. Une fois la cause de la dénutrition établie, on pourra alors adapter la prise en charge du patient.

Dans les fait, qu’est-ce qui va changer dans l’alimentation de la personne dénutrie ?

L’alimentation orale de la personne va être enrichie. Son alimentation va donc être plus riche, l’apport calorique sera plus important (ajout de poudre de lait ou de blédine dans la purée ou la soupe par exemple). Il faudra aussi veiller à adapter la nourriture en termes de texture et de goût (mixé, haché, …).

La deuxième chose à faire, c’est de fractionner les repas. Il vaut mieux manger peu mais plus régulièrement. On peut alors se heurter aux usages de nos aînés, qui, pour certains, ne prennent pas de goûter par exemple. Avec la mise en place d’une APA, les personnes âgées seront alors assistées dans la mise en place de ces nouvelles habitudes alimentaires.

Si malgré tout, la dénutrition persiste, il faudra alors enrichir les repas avec des compléments alimentaires. Ce sont en fait des préparations industrielles enrichies. En cas de dénutrition sévère, si la personne a trop maigri, si le déficit à combler est trop important, on prescrit d’emblée ces compléments alimentaires. Dans les cas les plus sérieux, une hospitalisation sera proposée au patient avec la mise en place d’une assistance nutritionnelle.

Comment prévenir la dénutrition ?

Il faut déjà se sortir de la tête qu’on a moins besoin de manger avec l’âge ! Ensuite, il faut absolument faire en sorte que le repas reste un moment privilégié et de plaisir. Enfin, l’activité physique est importante car la réduire conduit aussi à réduire les besoins alimentaires.

Votre commentaire

1 commentaire

  1. Les statistiques chez nous en France montre qu’il y a un taux élevés de personnes agées vivant seul.
    Pour moi la solitude est l’un des principaux facteurs de baisse de morale et ainsi, comme vous le préciser bien dans votre article, de dénutrition.


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