Maisons de retraite

Doit-on prendre en compte l’identité communautaire dans les maisons de retraite ?

0 commentaire 20 mars 2014

En France le principe républicain veut que les maisons de retraite soient ouvertes à tous et qu’elles ne soient pas réservées à des membres d’une même « communauté ».
Mais aujourd’hui la question se pose de savoir si les Ehpad répondent bien à tous les besoins des résidents en matière de codes culturels et religieux.
Si dans plusieurs pays d’Europe ou aux Etats-Unis, les Ehpad communautaires éclosent, en France la spécificité de certains publics (personnes âgées homosexuelles, ou de confession juive ou musulmane) posent encore question.

En février 2013, la résidence autogérée et réservée aux femmes, la maison des babayagas, a officiellement ouverts ses portes à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il aura fallu plus de dix ans à ce projet unique en France pour voir le jour. Portée par trois féministes, le projet se définit comme un projet « pour femmes vieillissantes voulant se prendre en charge elles-mêmes jusqu’au bout ». Le conseil général leur a un temps refusé une autorisation, jugeant leur modèle discriminatoire voire communautariste. Tout compte fait, la maison des babayagas aura bénéficié de fonds publics (environ 4 millions) alors qu’ en France la règle est simple : pas de versement de fonds publics dans les établissements qui ne seraient pas ouverts à tous. Ce type d’établissement est autorisé à ouvrir mais ne peut alors faire l’objet de financements publics.

Dans les structures destinées aux personnes âgées dépendantes, seul l’âge est un motif d’inclusion ou d’exclusion. Au nom du principe de l’égalité républicaine, les établissements sont ouverts à tous. Ou plutôt devraient être ouverts à tous car en France beaucoup d’Ehpad sont destinés à un public prioritaire.
C’était notamment le cas de certains établissements confessionnels, dédiés aux sœurs et frères vieillissants, des Ehpad issus des mutuelles professionnelles, comme les maisons de retraite pour anciens cheminots, ou plus récemment encore la Maison nationale des artistes.

S’il y’a actuellement une réflexion de l’accueil en Ehpad de publics dits spécifiques (personnes handicapées vieillissantes, migrants âgées, homosexuels) le tabou reste grand quand il s’agit de poser la question de l’identité communautaire en Ehpad.

En effet, poser le débat de l’identité communautaire c’est se retrouver confronter à ceux qui craignent l’amalgame avec la notion de communautarisme. C’est le cas des Ehpad qui revendiquent leur identité juive ou encore ceux qui accueillent des migrants âgés – en grand majorité de confession musulmane.

Qu’est-ce que l’identité communautaire ?

C’est l’identification en tant que membre d’un groupe de personnes – la communauté (religieuse, sociale, culturelle…) – partageant un ensemble d’affinités, de pratiques ou de codes culturels à respecter.

Il est donc parfaitement légitime de s’interroger sur la possibilité pour un ehpad de répondre aux codes culturels, religieux, aux interdits alimentaires des résidents qu’ils accueillent.
Ce n’est pas à 90 ans que l’on doit demander aux résidents de s’adapter et de s’intégrer dans un groupe auquel il ne s’identifie pas.

Quelques questions restent donc en suspect comme celle de la prise en charge en établissement des personnes âgées issues de la communauté homosexuelle ? Cette question est portée par les associations militantes lesbiennes, gays, bisexuelles et trans (LGBT) sans être partagée encore par les acteurs du secteur du grand âge. Comment ne pas prendre en considération l’identité juive de certains résidents en particulier quand il s’agit de survivants de la shoah ? Car l’identité communautaire est un élément fondamental dans la prise en charge, en particulier, quand il s’agit de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Difficile en effet de faire un travail sur la mémoire quand un pan de l’identité de l’individu est passé sous silence.

Qu’elle place accorder à l’identité communautaire dans le projet de vie des résidents ? Comment l’intégrer dans une politique de bientraitance ?
Tant de questions auxquelles les établissements ne pourront échapper s’ils veulent s’adapter aux évolutions et aux besoins de la société française.

Source: Les mensuel des maisons de retraite

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