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Dépister et traiter la dépression chez les sujets âgés

0 commentaire 09 avril 2014

La dépression est une maladie mentale caractérisée par une manifestation profonde de l’état thymique, de l’humeur dans le sens de la tristesse durable, de la souffrance morale et du ralentissement psychomoteur.
La dépression est la pathologie psychiatrique la plus fréquente chez les personnes âgées. Elle arrive en 5ième position des pathologies des sujets âgés, d’après l’étude réalisée en 2010 par le gérontopôle de Toulouse.
En institution elle toucherait 35 à 40 % des résidents alors qu’à domicile cela ne concernerait 15 à 30% des personnes âgées qui consultent.

Les facteurs de risque les plus fréquents cités dans la littérature sont : le sexe féminin, l’âge, les antécédents de dépression, l’isolement social, le faible niveau d’études, le statut matrimonial (non-marié), le deuil, un niveau de santé subjectif bas, la présence de trouble de sommeil, l’existence de pathologies somatiques, la dépendance fonctionnelle et les troubles cognitifs et sensoriels.

Les traits spécifiques de la dépression de la personne âgée sont : l’instabilité, la colère, l’agressivité, l’hypochondrie, la sensation douloureuse et de vide de l’intérieur, la démotivation, l’ennui, le repli sur soi, l’isolement, l’angoisse matinale, la confusion, la dépendance, l’impression d’être inutile, les tentatives de suicide. Certains de ces traits cliniques peuvent évoquer le diagnostic de démence par erreur, il faut donc être très prudent.
De plus, les troubles du comportement sont fréquents dans les états dépressifs de la population vivant en ehpad.

Des éléments d’évaluation, ayant pour but d’aider au dépistage et au diagnostic du sujet âgée sont à disposition des praticiens. La Geriatric Depression Scale (GDS),mise au point en 1982, est l’outil diagnostique de référence pour l’évaluation de la dépression du sujet âgé. Ces auteurs, Yesavage et Coll, ont élaboré un auto-questionnaire de 30 items, côtés oui ou non. Le score obtenu permet une classification des sujets en sévèrement dépressifs, légèrement dépressifs et normal.
La GDS a ses limites, notamment dans les cas où la dépression coexiste avec une détérioration des fonctions supérieures, il est alors nécessaire d’utiliser d’autres instruments validés pour le diagnostic de la dépression chez les déments : la CSDD (Cornell Scale For Depression and Dementie).

En 2011, une étude a été menée par l’Association des médecins coordonnateurs de la Haute-Vienne au sein de trois établissements médico-sociaux et auprès de 240 résidents.

Après une formation de sensibilisation du personnel grâce à l’outil Mobiqual Dépression, les psychologues ont testé les résidents à l’aide des différentes échelles. Les résultats de cette étude montrent que :
– 75% des résidents testés présentaient un état dépressif
– 30% présentaient un état anxieux
– 60% présentaient une démence avérée

Ces résultats montrent une certaine banalisation des symptômes par les soignants et les médecins, comme si c’était une fatalité. Pourtant cette souffrance dépressive se doit d’être prise en charge, suivie et réévaluée régulièrement.
Il est donc important que les établissements prennent en compte les états dépressifs dans les projets de soins donc dans le projet d’établissement. Le médecin coordinateur doit se charger lors des commissions de coordination gériatrique de sensibiliser ses collègues médecins traitants au dépistage et au suivi.

En conclusion : aidons les personnes âgées à retrouver une image positive par un regard positif et empathique !

Source : Le mensuel des maisons de retraite

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