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Comment les pays européens gèrent-ils la perte d’autonomie de leurs aînés ?

1 commentaire 22 août 2013

Les pays européens n’ont pas tous la même façon de gérer la perte d’autonomie de leurs aînés. Certains pays laissent assumer la charge aux familles alors que d’autres tentent de la financer en s’appuyant sur l’impôt.

Etant bien entendu qu’aucun pays n’a encore trouvé le système miracle.

Les premiers pays à avoir abordé et réfléchi au problème de la dépendance sont les pays nordiques comme le Danemark ou la Suède. Dans les autres pays aucune réflexion d’ensemble n’avait été menée et l’ensemble des lois sur la perte d’autonomie se sont traduites par un empilement de mesures prises au coup par coup.

Mais tout cela est en train de changer. Le vieillissement de la population, le coût croissant de la dépendance, et les restrictions budgétaires obligent à plus de rigueur et de coordination. Des lignes communes se dessinent donc dans les différents pays.

3 caractéristiques méritent d’être soulignées :

1- Dans la majorité des pays européens il a été décidé que l’ensemble de la charge de la dépendance devait être assumée par l’ensemble de la société et non plus uniquement par la famille. D’où la mise en place dans la plupart des pays, d’un système de couverture universelle, modulée selon le degré de dépendance, les conditions de ressources, …
C’est un changement majeur car avant, hormis dans les pays du nord de l’Europe, l’Etat soutenait seulement les plus démunis.

2- Les aides en nature (heures de ménage, d’aide à domicile, etc) ont laissé place à des aides financières. Les pays voyant se multiplier les aidants familiaux ont compris l’intérêt de verser des prestations financières afin de les encourager et ainsi diminuer le coût global de la dépendance.

3- Enfin, aujourd’hui, tous les pays sont confrontés au défi du financement et la source privilégiée reste l’impôt. Cependant, les plus de 40 ans étant de plus en plus sensibilisé au sujet de la perte d’autonomie on constate que de plus en plus de retraités souscrivent à des assurances privées.

 

Défi de la dépendance : Un état des lieux de différents pays européens

La Suède est le pays le plus avancé sur la question de la dépendance. C’est aussi lui qui consent le plus de moyens aux dépenses de santé liées à la perte d’autonomie (3,6 % du PIB). Les aides sont allouées selon les besoins. Le tout est financé par les impôts locaux et par l’Etat. Les aidants ne sont pas oubliés : ils bénéficient d’aides financières, de formation… Face à la croissance des coûts, l’Etat va tester des solutions alternatives comme une prestation centrée sur les personnes les plus dépendantes.

Au Danemark, c’est à l’Etat d’assumer. Les contraintes budgétaires moins fortes leur permettent de conserver ce système d’Etat-providence, même si des ajustements ont été opéré. Services et offre de soins sont gratuits, ouverts à tous et financés par les impôts locaux et des dotations de l’Etat. Afin de réduire la présence en institution, le Danemark a été l’un des premiers à développer un éventail de services pour assurer le maintien à domicile.

En Italie, l’image traditionnelle de la famille s’occupant de la personne dépendante a du plomb dans l’aile. Les Italiens font massivement appel aux travailleurs immigrés. Ce sont eux qui s’occupent des soins à domicile, ce qui pose des problèmes de développement du travail au noir et de l’exploitation de ces personnes, venues en majorité des pays de l’Est. En Italie, toute personne dépendante reçoit une prestation monétaire d’un montant fixe de près de 500 euros par mois, financée par l’impôt.

L’Allemagne a ajouté un nouvel étage à son assurance-maladie dans les années 1990, avec des cotisations payées par les salariés et les retraités spécifiquement pour financer la dépendance. La population est couverte sans discrimination d’âge ou de revenu, mais les prestations sont plafonnées. Conséquence, le reste à charge est important pour les familles. D’où le développement de caisses d’assurances privées. Le « salarié aidant » peut profiter de congés de soutien familial, réduire son temps de travail… « Grâce à un contrôle des remboursements, l’Allemagne limite la croissance des dépenses, qui représentent 1,5 % du PIB », explique Mme Colombo au Monde dans une interview de février 2013.

Au Royaume-Uni, bastion du modèle libéral, c’est à la personne dépendante et à sa famille d’assumer l’essentiel de la prise en charge. Il existe certes une aide, financée par l’impôt, mais les conditions pour en bénéficier sont telles que seuls les plus modestes en profitent. « Ce système conduit à une paupérisation de la population », déplore Mme Colombo. Les aidants jouent un rôle essentiel et leur apport est reconnu, puisque cette « activité » est intégrée dans leurs droits à la retraite.

Votre commentaire

1 commentaire

  1. Jean-Yves dit :

    Un panorama très complet et instructif. Par contre je suis extrêmement étonné du dérapage budgétaire de la Suède (pourtant toujours citée en exemple). 3.6% du PIB c’est énorme!


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